Kilimandjaro by Nouna Part 1

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Après 2 jours passés chez nos Sœurs adorées qui nous ont appris que la gaité et la sérénité sont toujours de mise dans n’importe quelle situation, que chanter et danser font partie de leur vie et que Woopi Goldberg alias Sœur Marie Clarence n’a qu’à bien se tenir, nous n’oublions pas que c’est la dernière nuit avant notre grande aventure…

Cette aventure que nous préparons chacun depuis des mois à notre manière dans nos têtes et dans nos corps avec nos différents âges est à portée de main … mais après avoir aperçu cette montagne emblématique, elle est bien plus impressionnante en vrai qu’en photo.

Nous sommes à la fois excités et anxieux à l’idée du challenge que nous nous sommes lancés chacun, il ne faut pas oublier notre mental … il va être primordial dans cette ascension.


Nos guides Obed et Amos viennent nous chercher à 8h30 après une nuit quelque peu agitée …

Ils nous redonnent les derniers conseils : marcher doucement, bien dormir, bien manger, boire au moins 3 litres d’eau par jour, respirer régulièrement à son rythme … Avec tout ça, le mal aigu des montagnes ne devrait pas nous atteindre … plus facile à dire qu’à faire Messieurs quand on sait que vous gravissez cette montagne une quinzaine de fois par an … 

Nous partons en direction de la Machame Gate que nous atteignons au bout de 2 heures, c’est la voie que nous avons choisie. Nous faisons connaissance avec nos porteurs et nous comprenons que c’est plus qu’une aventure de 4 personnes …. Nous serons 20 au total et une vraie organisation. Des guides, des porteurs, un cuisinier … Nous allons très vite nous apercevoir que ces hommes vont nous accompagner et nous assister pendant 7 jours avec leur cœur, leur sourire, leurs chants et leur joie de vivre et que nous allons tisser des liens hors du commun que nous ne sommes pas prêts d’oublier … 


Nous nous enregistrons à la Machamé Gate et le permis de trek est délivré à notre guide. Nous prenons un bon déjeuner et vers 13 heures nous franchissons l’autre barrière, le chemin vers le toit de l’Afrique nous est ouvert.

Programme : dénivelé de 1 200 mètres, 10 kms soit 5 heures de marche.

Le temps est superbe, ouf ! Notre randonnée commence par un large chemin qui serpente dans la forêt luxuriante. Les fougères géantes sont impressionnantes. Nous marchons entre les lianes de Tarzan et le décor abandonné de la série Lost !

Après 1 heure de marche, le chemin se rétrécie, la forêt devient envahissante et les racines glissantes nous mettent dans l’ambiance, gare aux chutes et surveillons bien nos pas … 

Nos porteurs nous doublent en nous disant « Polé Polé », nous comprenons vite que cela signifie « doucement doucement » en swahili. Nous ne mesurons pas encore la portée de ce conseil si précieux …

Petit à petit, la pente se raidit et la forêt se réduit au fur et à mesure que l’on monte. Nous marchons désormais sur une dorsale entre 2 vallées. Le paysage est fantastique digne d’un décor de Walt Disney …

L’espace est plus dégagé et les arbres de 30 mètres de haut ont laissé leurs places aux hautes herbes. C’est incroyable ce changement de paysage en quelques minutes.

Cette première journée n’est pas très compliquée, c’est rassurant ….. pas pour longtemps quand on connait la suite …

Nous arrivons au Camp Machamé à 2 890 mètres d’altitude et la vie est belle (pas pour longtemps … ) !! Il fait beau, nous prenons possession de nos tentes et de l’organisation de notre campement.

Les porteurs nous accueillent avec du thé et des pops corn, tout va pour le mieux.

Ils nous donnent une bassine d’eau tiède pour nous laver.

Nous arrivons très vite au diner puisqu’il a lieu à 19 heures, des pâtes plus que délicieuses.

Nous allons nous coucher à 20 heures en nous disant que nous nous étions fait « une montagne » de ce Kilimandjaro qui parait bien plus facile que prévu.

Aucun symptôme du mal des montagnes pour aucun d’entre nous, nous suivons les conseils et tout a l’air en ordre.


La première nuit a commencé à nous montrer que le Kilimandjaro était imprévisible et pas toujours sympathique. Des pluies diluviennes se sont abattues et malgré les rigoles mises en œuvre par nos porteurs, les tentes ont quelque peu pris l’eau et comme notre optimisme du premier jour nous a fait penser que le beau temps était là pour la semaine, nous n’avions pas rentré nos affaires dans les sacs… L’aventure commence enfin, tout est trempé et la pluie continue à nous arroser très fort … Sortons vite notre mental que nous avions mis de coté et essayons de positiver, nous sommes au Kilimandjaro.


Après un petit déjeuner matinal face à Kibo, nous partons vers 7h bien décidés à nous montrer invincibles.

Programme : dénivelé de 900 mètres, 5 kms soit 6 heures de marche du Camp Machamé au Camp Shira.

Au vu de la saison (des pluies), des cascades se sont formées, leur bruit et la force de l’eau nous impressionnent. Il faut toutes les passer pour avancer … les guides sont obligés de faire part d’ingéniosité pour nous frayer des chemins en mettant des pierres pour poser nos pieds. Il ne faut penser à rien et surtout pas aux risques que nous prenons … les Dieux sont avec nous.

Mais n’oublions pas, nous sommes en mode Guerrier et juste un regard entre nous suffit pour se le rappeler. Nous débutons la journée par un chemin pentu tantôt rocailleux tantot poussiéreux. Plus nous montons en altitude et plus la vue sur le Mont Meru est magnifique, les paysages nous portent et malgré la pluie qui a décidé de faire le chemin avec nous, ces changements de décor nous portent dans notre marche.

Incroyable, la taille des arbustes diminue, ce sont les mêmes mais en miniature … la végétation se raréfie, nous sommes en plein rêve … ca ne parait pas possible un tel changement en si peu de temps …

Nous arrivons enfin au Camp Shira à 3 890 mètres d’altitude où la pluie a cessé. Nous sommes au-dessus des nuages, c’est incroyable, on se sent pousser des ailes avec un paysage pareil. Seuls habitants, des corbeaux noirs énormes qui je pense pourraient nous dévorer à tout moment. Un paysage lunaire, on a l’impression qu’on peut sauter dans les nuages, l’impression que la fin du monde a eu lieu et qu’il ne reste que nous dans un décor dénué de tout sens.